Ha, si j’avais su…

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S’il y a une phrase qu’on entend à l’annonce d’une grossesse ou d’une naissance, c’est bien « c’est que du bonheur !! ». Je sais que le sujet a été abordé maintes fois, mais je me rends compte que beaucoup de parents se retrouvent encore comme piégés en pensant que cette phrase ne correspond pas à leur réalité. Et pour en parler avec différentes personnes, on tombe tous d’accord sur le fait qu’on ne s’attendait pas du tout à ça.

Parfois, quand je suis super fatiguée, super à bout (genre en ce moment) que je m’imagine prendre le large sur une île déserte pour boire des Panaché et manger des glaces au caramel, je me demande si j’aurais osé tenter l’aventure de la parentalité en sachant réellement ce à quoi je m’exposais.

Par exemple, si on m’avait dit à quel point les nuits blanches des débuts seraient difficiles, si on m’avait expliqué les heures à marcher avec un bébé hurleur et inconsolable ;

Si on m’avait raconté les diarrhées à n’importe quel moment mais de préférence au pire instant, les colères en mode « bébé furie », les pétages de plombs parce que rien ne la calme.

Si on m’avait prévenue pour les dents, les pics de fièvre à 40, l’épuisement physique mais surtout mental.

Si on m’avait montré un fast forward de ma vie de parents et que je me serais vue avec des valises sous les yeux, restant à côté d’un lit à barreaux en attendant que le mini-nous s’endorme, pour sortir en lousedé  sur les fesses en m’appuyant sur les bras et descendant les marches deux par deux à l’envers pour ne pas la réveiller ;

Si on m’avait dit à quel point je me remettrais en question, à quel point je serais démunie devant les angoisses d’une petite fille devenant grande, me renvoyant ma propre image ;

Si j’avais su que j’aurais trop souvent l’impression de faire n’importe quoi, de me tromper de chemin, de culpabiliser d’avoir été trop ceci ou pas assez cela ;

Si on m’avait fait passer un test de résistance aux réveils intempestifs plusieurs fois par nuit ;

Si on m’avait montré le vrai bordel qu’est la vie de parents….

Est ce que j’aurais arrêté ma pilule ? Sincèrement, je pense que non.

Est ce que je regrette ? Pas le moins du monde.

Est ce que je suis folle ? Peut être.

Et vous ?

D.

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Tout est parti de Linkedin

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Il y a quelques de nombreuses années, j’ai créé un compte sur la plateforme Linkedin. Sans doute avais-je encore de l’ambition concernant mon parcours professionnel… Toujours est-il que je ne l’ai jamais réellement alimenté mais pas non plus supprimé. Alors très régulièrement, je reçois des notifications concernant les évolutions de mes contacts.

Et j’ai tilté sur un truc : durant toutes mes études, j’ai eu envie de croire au principe dont nous parlait les profs, surtout les profs d’anglais qui nous demandaient « how to strike the balance between professional and personal life ? » (comment concilier sa vie pro & perso). Perso, les mecs, je suis incapable de me lancer dans un projet professionnel qui m’obligerait à mettre de côté ma vie de famille. In-ca-pable. Alors que pendants des années, je me suis projetée en tant que directrice communication (hahaha) ou directrice des achats.

Je remarque que 98% de mes contacts féminins qui ont un job à responsabilités n’ont pas d’enfants (les 2% restant, je vous admire, sincèrement).

A quel moment expliquera-t-on aux étudiantes qu’elles ne pourront pas tout avoir, même si elles en sont persuadées ? Qu’il faudra faire des choix de vie et de carrière, car on vit dans un monde où les femmes devront sans cesse se justifier sur les horaires « adaptés » à leurs vies de famille. Comment ai-je pu m’imaginer continuer à me déplacer à l’autre du bout du monde en étant maman ? Il me serait impossible aujourd’hui de partir 3 semaines en laissant ma famille. Il y a des mamans qui y arrivent et je les respecte. Moi, je ne saurai pas faire. Ca me prend aux tripes, c’est comme ça. Peut être qu’un jour je regretterai certaines opportunités ratées et on verra à ce moment là.

Je me souviens d’un recruteur qui m’avait parlé d’une de ses amies pluri-diplomée qui avait tout plaqué pour élever ses enfants.  Est ce que cette nana avait envisagé ce choix durant ses très longues études ? Avait-elle fait tout ça, pour ça ?

Je n’en sais rien. Mais je vois autour de moi des mamans qui se battent pour préserver leur jour de télétravail sans entendre le fameux « oui mais toi, tu es privilégiée, tu peux bosser de chez toi ». Ceux qui prononcent ce genre de phrases ont-ils déjà tenté de travailler avec des enfants ? Je ne le pense pas. Bosser de chez soi ne veut pas dire fait des puzzles entre deux dossiers (et j’y reviendrai, j’ai plein de trucs à dire sur le sujet).

Fort heureusement, il y a des structures dans lesquelles ça se passe bien. Personnellement, j’ai la chance d’avoir un patron humain et même après 5 ans, il oublie parfois que je ne suis pas au bureau les mercredis. Sans m’en faire le reproche. Je peux travailler de chez moi quand mes filles sont malades. C’est une chance inestimable. Mais pourquoi est-ce si rare ?

Je me rends compte que ce billet est un peu décousu, pourtant quand j’y ai pensé ce matin il semblait clair. Mais le mercredi, c’est sportif, également pour les neurones.

Mais dîtes-moi, arrivez-vous à mener de front vos vies pro et perso ?

D.

Pas de bol

Nous étions tous les quatre dans un petit café de Normandie, au petit déjeuner. Miss G se faisait des moustaches avec son chocolat chaud et mon mec revenait de la boulangerie d’en face avec des croissants au beurre tous chauds et des chouquettes.

Et puis ce monsieur est entré avec sa maman, qui n’avait pas l’air en très bonne santé. Elle a d’ailleurs failli tomber devant nous, nous étions tous un peu déboussolés et pour redonner le sourire à sa maman, il a dit « oh regarde la jolie grande fille ! » en montrant mon aînée. Ensuite, il a posé ses yeux sur le cosy et a demandé « et là, qu’est ce que c’est ? » un chien, abruti. « Ha bon, c’est une fille ? PAS DE BOL !!!!! »

Alors voilà. Apparemment, on n’a pas de chance d’avoir deux enfants (ou plus) du même sexe. Je vous en parle ici car ce n’est pas le seul à m’avoir fait le coup. Et sachez que je me suis toujours projetée avec un fils, j’étais persuadée, convaincue que Baby O serait un garçon. J’ai même lancé un petit pari au gynéco qui m’a dit « nous avons chacun une chance sur deux jusqu’à la prochaine écho mais Madame, pour moi, c’est une fille !« . Alors il m’aura fallu un peu de temps pour assimiler que je n’aurai jamais de petit garçon mais après, il m’était impossible de m’imaginer autrement qu’avec mes deux filles. Aussi je ne comprends toujours pas les commentaires du genre « ha ba le garçon, ce sera pour la prochaine fois« , ou encore « c’est le papa qui doit être déçu« , on aussi droit à « je connais les régimes / lunes / positions qui marchent pour faire un petit mec« .

Est ce que c’est  cause de l’expression « le choix du roi » ? Est ce qu’il faut avoir un fils et une fille pour avoir une famille dont personne n’a rien à redire ? Est ce que les troisièmes enfants ne naissent que pour conjurer le sort ? (blague).  Est ce qu’on a le droit de demander en retour si ce n’est pas trop dur d’être aussi con ?

Que répondez-vous à ce genre de réflexions ?

D.

 

 

Et moi, je fais quoi dans tout ça ?

Récemment, j’ai reçu un appel de ma mère : on venait d’entendre aux informations que les couches Pampers contenaient des substances cancérigènes… Pourtant je leur fais confiance moi, il y a trente ans j’avais les fesses dedans, et Miss G les a eu aussi. On m’aurait menti pendant tout ce temps ? Je n’ai pas du tout envie de me mettre aux couches lavables, j’ai un stock de Pampers de folie avec mon mec qui a trouvé une super promo (limite je pourrai faire un troisième), je les brûle ?

La semaine dernière, j’ai vu passer un article au sujet de Peppa Pig : on dit à Harvard que ce dessin animé rendrait les enfants débiles*. Mince, mes filles adorent. Oui, même Baby O qui a moins de trois ans mais je l’assume, je n’interdis pas la télé à mon bébé. J’ai bien essayé de lui bander les yeux mais elle ne se laisse pas faire**. Et puis moi, j’ai regardé la télé très jeune, surtout des Disney avec plein d’images subliminales obscènes et je n’ai pas fini en légume ou en courge peut être.

Une autre fois, on m’a raconté qu’il y avait des morceaux de verre dans les petits pots Blédina. Pas de bol, c’est ceux que je prends ! Comme je suis une mauvaise mère, je ne fais pas du 100% fait maison et je risque de tuer mon bébé. Je comprends bien qu’on doit nous informer, c’est évident mais pourquoi créer la panique ? C’est comme avec l’histoire de l’allaitement et des biberons de lait en poudre. Crucifiez-moi, je n’ai pas voulu allaiter mes filles, je les ai empoisonnées.

J’oubliais, laisser son bébé pleurer risque de lui laisser des séquelles au cerveau. Baby O a parfois besoin de pleurer avant de dormir, comme pour se décharger de la journée. Et la garder dans les bras l’énerve souvent plus qu’autre chose. Il m’est arrivé plusieurs fois de la bercer pendants des heures, sans parvenir à la calmer et finir par la poser pour la voir s’endormir en moins de 5 minutes.

Alors qu’est ce que je fais, moi, avec toutes ces informations ? Est ce que je ne peux pas tout simplement faire comme je le sens ? Est ce que je peux ouvrir mon fil d’actualité sans me remettre 10 fois par heure en question sur ma façon de faire en tant que mère ?

Et chez vous, ça se passe comment ? Version parfaite ou version vraie vie ?

D.

*donc il y a vraiment des mecs à Harvard qui ont bossé sur Peppa Pig. Voilà.

**c’est de l’humour, hein.

C’est difficile d’être une maman

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Je pensais appeler ce billet « parfois j’aimerais être un papa » mais j’ai changé d’avis.

Je confiais à mon mec mes doutes et mes angoisses sur la reprise qui approche à trop grands pas et j’ai conclu par : « c’est quand même pas facile d’être une maman ».

Alors je vais peut être faire des généralités, je sais que tout le monde ne fait pas pareil, je ne connais pas la vie de tout le monde et il est évident que les papas sont très impliqués dans la vie de famille mais…. être mère, ça donne son lot de soucis, ça fait qu’on se pose 1000 fois par jour la question « est ce que je fais bien ? ».

Je suis rongée par la culpabilité de laisser mon bébé à son assistante maternelle, je pleure en la laissant alors que je n’ai jamais fait ça pour Miss G (bon j’avais pleuré avant, soit). D’ailleurs je ne pensais pas que ce serait si dur, et ça arrive même à me faire oublier l’idée de faire un troisième car je crains le pire niveau émotions. Bref je m’égare.

Tu choisis de ne pas bosser pour garder tes enfants ? Tu prends le risque de passer aux yeux de certains pour une feignasse qui n’a pas le droit de se plaindre d’être fatiguée ou d’en avoir parfois marre.

Tu retournes au travail par choix et / ou par obligation, tu passes pour la mère qui ne veut pas garder ses gosses et tu n’as pas le droit de te plaindre d’avoir les boules ou d’être crevée.

On doit penser à tout, au goûter, aux coloriages à imprimer pour les copines, à la kermesse, aux machines à faire tourner, au frigo à remplir (merci Saint Carrefour Drive).

Parfois j’aimerais appeler mes copines et improviser un week end entre nanas. Mais y a les gosses. Est ce que les papas mettent des semaines à organiser une sortie entre potes ? (oui, on peut encore voir ses amies quand on a des enfants mais avouez que c’est un chouïa plus tendu niveau organisation, non ?)

Parfois j’aimerais pouvoir postuler à des jobs plus épanouissants mais je ne pourrais pas aller chercher mes enfants le soir. No way.

J’ai l’impression qu’on déchire mon coeur lentement en miettes ces derniers jours, j’ai l’impression d’être en flottement tellement ça me fait mal de ne plus passer de temps avec Baby O. Et encore, elle approche des 4 mois, je tire mon chapeau aux mamans qui sont dans l’obligation de les laisser à deux mois et demi.

Est-ce que les papas se posent autant de questions ? Je veux dire, bien sur qu’ils ne foncent pas tête baissée et qu’ils prennent en considération leurs familles, mais se triturent-ils autant le cerveau à savoir si leur bébé leur en veut de les laisser à une inconnue ? Est-ce qu’on pointe du doigt le papa qui a oublié de mettre les pots de confiture Bonne Maman dans le sac pour l’élaboration du cadeau de fête des mères (voilà pourquoi j’en ai mis deux, ça peut arriver d’oublier) ?

Je sais tout au fond de moi que cette reprise va me faire le plus grand bien (contradiction, mon amour) mais ai-je le droit d’assumer publiquement avoir besoin de travailler pour me sentir épanouie ? Puis-je dans le même temps avouer ma tristesse et toute cette fichue ambivalence qui me définit en tant que maman ?

Et vous, vous trouvez ça comment, d’être une maman ?

D.

Mon complexe de la mère au foyer

Celles qui suivent le blog depuis longtemps ont déjà lu que j’ai besoin de travailler et que c’est un choix que j’assume. Pour autant, je ne peux m’empêcher d’avoir un noeud au ventre quand je réalise que d’ici quelques semaines, je reprendrai le chemin du bureau.

En théorie, j’aurais du reprendre ce jeudi (oh, my, god.). Impossible à gérer émotionnellement pour moi quand j’y pense, Baby O est si petite encore.

Avant mon congé mat’, je me projetais par monts et par vaux enceinte puis avec mon bébé, à courir partout sur Paris pour déjeuner avec les copines, les collègues. Mais finalement, je passe le plus clair de mon temps dans ma maison. Tout d’abord parce que j’ai beaucoup à y faire (je vous fais le dessin des tâches ménagères passionnantes ?), et aussi parce que je récupère Miss G à 16h30. Alors je peux dire que mon quotidien n’est clairement pas passionnant en ce moment.

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Et pourtant, aussi fou que cela puisse me paraître, j’ai les boules de penser à la reprise et de casser cette routine qui finalement me convient un peu. J’aime être à la sortie de l’école pour récupérer ma fille, j’aime passer du temps avec mon bébé, j’aime gérer la maison de A à Z, ça me fait plaisir ce quotidien bien rodé. Je fonds quand je vois le visage de Miss G s’illuminer et me faire de grands signes quand elle me voit à la grille.

Début juin, tout sera chamboulé, je verrai mes filles 3 heures par jour et je ne sais pas comment je réussirai à tout mener de front. Rien qu’en évoquant tout cela avec la sage femme hier, j’avais les larmes aux yeux. Baby O aura presque 4 mois, c’est si petit… Je vois bien qu’elle est rassurée quand je réapparais dans une pièce, qu’elle me cherche tout le temps et je culpabilise à un point incroyable de la laisser bientôt. Je sais qu’elle ne sera bien que si je suis bien moi-même, je sais que j’ai encore le temps mais je préfère m’y préparer en avance.

Alors je prends tous vos conseils pour aborder la reprise sereinement, j’en ai réellement besoin…

Bonne journée,

D.

 

Parce qu’il y aura des erreurs

  
Ça m’est venu hier en travaillant, j’ai entendu Tracy Chapman à la radio. Pour celles qui nous suivent depuis le début ou qui nous connaissent IRL, The Promise a marqué les premiers mois de Miss G et j’ai souvent répété que j’adorerais la voir sur scène avec ma fille.

Tout ça m’est donc revenu à l’esprit et je me suis demandé si à ce moment là, Miss G aurait envie de partager cela avec moi. Qui sait où nous en serons quand elle sera plus grande, en âge d’aller à un concert par exemple ?  

Est ce qu’on se souviendra de tout ce qu’on fait ensemble actuellement, de ses petits bras autour de mon cou pour se dire bonne nuit, de ses caresses sur ma joue ?

Est ce qu’on se souviendra de ces soirées entières que je lui raconte souvent, où je passais mon temps à écouter et chanter cette chanson, tant est si bien que je ne peux pas l’écouter aujourd’hui sans noyer mes yeux ? 

De ses cris dans le jardins quand je la pousse plus fort à la balançoire ou de sa fierté quand elle me montre qu’elle court pour se suspendre à la corde comme Tarzan ?

Peut être que non. Parce que forcément, je ferai des erreurs de parents, forcément je dirai des choses qui nous feront oublier ces beaux moments et si ça se trouve elle me trouvera « trop nulle » comme mère. Elle ne me croira peut être plus quand je lui dirai tous les mots d’amour qu’elle prononce. Mais même s’il y aura ces erreurs inévitables et constructives, j’espère au fond de moi qu’elle ne m’en voudra pas. 

Vous me prenez peut être pour une folle à présent, mais j’avais envie d’en parler avec vous.

D.

PS : les jolis hasards de la vie comme j’aime, en relevant la tête j’aperçois une petite fille avec l’une des toutes premières peluches de Miss G (qui trône encore sur son lit).