Quand naître fille peut faire mourir




En écho à mon article sur le sort des fillettes en Asie, j’ai souhaité aborder la question pour ma deuxième participation aux Vendredi Intello.

Grâce à Mme Déjantée, j’ai fouiné du côté de Sciences Humaines, et voici l’extrait que j’ai sélectionné :




« 

Avortements sélectifs sans frontières ?

Trois questions à Sylvie Dubuc :

En Inde, comme dans une bonne partie de l’Asie (Chine, Pakistan, Bangladesh, Corée du Sud), les études démographiques indiquent que ces pays comptent plus d’hommes que de femmes (1). Deux phénomènes l’expliquent : une surmortalité féminine, notamment des fillettes, qui reçoivent moins de soins que les garçons ; et la multiplication des avortements sélectifs, la destruction des embryons de sexe féminin. Pour la première fois, une étude suggère la présence d’avortements sélectifs hors d’Asie, dans des communautés indiennes immigrées en Grande-Bretagne.

Une étude (2), cosignée par David Coleman et vous-même, met en évidence la pratique d’avortements sélectifs dans les communautés immigrées indiennes en Angleterre et au pays de Galles. Comment une Indienne résidant en Grande-Bretagne peut-elle accéder à un service d’avortement sélectif ?



Dans un reportage de la BBC Asian Network du 3 décembre 2007, une femme d’origine indienne, vivant en Angleterre et mère de deux filles, a accepté de témoigner de son expérience d’avortement après qu’une échographie (illégale), réalisée lors d’un voyage en Inde, eut révélé qu’elle attendait encore une fille. Le témoignage de cette mère illustrait comment certaines Indiennes résidant en Grande-Bretagne peuvent être soumises à de fortes pressions de leurs proches, en particulier de leur belle-famille, pour avoir un fils. » (…)
NOTES

(1) Voir Isabelle Attané, « Où sont les femmes ? », Les Grands Dossiers des Sciences Humaines, n° 5, déc. 2006/janv.-fév. 2007.

(2) Sylvie Dubuc et David Coleman, « An increase in the sex-ratio of births to India-born mothers in England and Wales: Evidence for sex-selective abortion », Population and Development Review, vol. XXXIII, n° 2, juin 2007.


Article extrait du magazine Sciences Humaines, Nos péchés capitaux – Mensuel n° 196 – août-septembre 2008


Au 21ème siècle, ce genre de pratiques semble archaïque et même impensable, surtout dans des pays développés … et pourtant …

Je m’interroge sur l’avenir de ces foetus XX. En effet, avec la prise de sang révélant à 7 semaines de grossesse le sexe de l’embryon et les kits illégaux d’avortement (tous deux vendus en ligne, donc facilement accessibles dans le monde entier), que risque-t-il de se passer ?

Et qu’en sera-t-il des petites filles qui parviennent à venir au monde malgré tout ? Comme le dit l’article, elle sont souvent mal soignées et finissent par mourir, mais elle sont parfois tuées à la naissance, ou encore abandonnées …

Avez-vous entendu parler de ces pratiques ? La toile permettant de toucher le plus grand nombre, peut-être que certaines d’entre vous comptent dans leur famille des personnes avec ces idéaux : pouvez-vous nous faire part de la situation chez vous ?

G.M










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7 réflexions sur “Quand naître fille peut faire mourir

  1. Marie dit :

    Quand j'étais plus jeune, je travaillais parfois pour mes parents l'été, ils tenaient une maison de la presse. Une fois, une couverture de magazine m'avait complètement remuée, je ne l'oublierai jamais, j'en avais pleuré, et le pire c'est que je devais me retrouver face à cette image à chaque fois qu'un client achetait le magazine…C'était la photo d'un foetus chinois dans un caniveau, certainement une petite fille. Je sais qu'en voyant cette photo, c'est la colère qui est montée en moi, je ne sais pas comment on peut faire ça, je ne comprends pas…

  2. la famille déjantée dit :

    Merci de ta contribution!! Et bravo aussi d'avoir eu le courage de creuser un peu pour te documenter!!Rien n'est aussi simple qu'on croit et l'extrait que tu as choisi en est la preuve…puisque le poids "culturel" se ressent bien au delà des frontières que l'on imagine…Honnêtement, je ne sais pas ce que tout cela peut donner… Je sais qu'en Inde, la tendance s'inverse peu à peu dans la mesure où face à la pénurie de femmes, la pratique de la dot (à l'origine du problème puisque celle-ci ruine les familles de filles) évoluerait dans certaines contrées… Je pense donc que tout système est voué à s'autoréguler, ce qui n'empêche d'ici là la réalisation de pratiques à l'éthique contestable..A bientôt pour les débriefs!

  3. Maman Sioux dit :

    Je connaissais ces pratiques en Chine, en Inde (avoir une fille coûte cher parce qu'il faut la doter pour le mariage, entre autres) mais je n'aurais jamais cru qu'elles s'exportaient dans les pays d'accueil des immigrants ! Quant à penser que des kits tels que tu les évoques sont vendus sur internet… argh quoi !!!! C'est horrible !

  4. Glam Maman dit :

    @ Marie : te souviens tu de l'année où tu as vu cette couv ? J'aimerais savoir depuis quand le problème est soulevé par les média !@ Madame Déjantée : merci à toi pour ta dispo !@ Maman Sioux : moi non plus je ne savais pas que ces pratiques pouvaient s exporter … après, on peut justement relancer le débat sur l'intégration, etc du coup ! c'est fou tout ce que des coutumes ancestrales peuvent entraîner … Les kits d'avortements devraient être interdits, surtout qu'ils sont hyper dangereux pour la femme enceinte.Affaire à suivre !et merci à toutes !

  5. Magali Evasion dit :

    Ton article m'a renvoyé au souvenir d'un reportage sur une camionnette qui sillonnait l'Inde à la recherche de femmes enceintes pour leur proposer une écho (et avortement si affinités). Je ne l'ai pas trouvé sur internet mais j'ai trouvé un document intéressant : http://www.lagedefaire.org/telechargement/Numero07_janvier2007.pdf dont voici un extrait : "La guerre des slogans« Dépensez 5000 roupies maintenant pour économiser 500 000 roupies plus tard », campagne de publicité des cliniques privées comparant le prix d’un forfait échographie/avortement au coût de la dot. Les hôpitaux publics ont répliqué par « les filles sont notre fierté », le gouvernement par « une fille et un garçon ont la même valeur ». Aujourd’hui, les cliniques d’avortement n’ont plus le droit de faire de la publicité, ni les gynécologues de sillonner les villages en camionnette, avec à leur bord du matériel d’échographie."Mais pour en revenir à ton sujet, je suis sidérée d'apprendre que la pression soit aussi forte sur les populations émigrantes.Merci pour cet article qui permet de ne pas oublier toutes ces familles qui souffrent…

  6. Marie dit :

    J'essaie de me rappeler de quand date cette couverture, mais j'ai du mal à m'en souvenir… J'ai même cherché sur le net si je la retrouvais mais pour le moment sans succès… Je dirais que ça date d'environ 2000/2001, ce qui est sûr c'est que c'est avant 2003 et après 1998 (parce que mes parents ont eu plusieurs maisons de la presse, et que je me souviens dans laquelle j'avais vu ce magazine)

  7. Glam Maman dit :

    @ Magalie : incroyable le coup de la camionette ! Tu sais, quand j'étais à Delhi, j'ai posé la question à mon fournisseur : est-il vrai qu'on "sacrifie" les filles chez vous ? Vu la franchise de ma question, il s'est tout de suite crispé et m'a dit "mais non, ce sont des rumeurs" … je ne l'ai pas joué subtil sur ce coup là ! mais les chiffres parlent d eux meme !@ Marie : ok, merci pour ces précisions ! ça fait tout de meme une dizaine d'années que ça se sait alors … mais bon, ça ne change pas énormément pour le moment 😦

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